12 VARIATIONS SUR LAUTRÉAMONT
Monk Boucher
Toi, jeune homme, ne désespère point, car tu as un ami dans le vampire, malgré ton opinion contraire. En comptant l’ascarus sarcopte qui produit la gale, tu auras deux amis.
Lautréamont
Cinéma Abattoir prescript l’hallucination optique pour mieux faire fondre les paupières de plomb que l’Ordre impose aux parfaits somnambules.
Il faut voir, dans les douzes variations germano-britanniques sur quelques extraits des chants de Maldoror, touts les finesses et toutes les maladresses qui composent la fibre nécessaire de ce qu’on appelle le cinema experimental.
Expérience du mental qui suscite un débat sur les avatars de l’adaptation d’un texte impossible, à la limite de la brûlure pelliculaire. Débat, également, sur l’effet surréaliste que produit à l’oreille francophone le off british qui s’essoufle à déclamer les imprécations outrageusement batraciennes d’Isidore Ducasse.
Le visionnement terminé, les spectateurs s’empresseront de se procurer l’ouvrage de Lautréamont ou ils pouront lire avec délectation: “Homme, lorsque tu rencontres un chien mort retourné, appuyé contre une écluse qui l’empêche de partir, n’aille pas, comme les autres, prendre avec ta main les vers qui sortent de son ventre gonflé, les considerer avec étonnement, ouvrir un couteau pour en dépecer un grand nombre…” |